Mobilité professionnelle : vos droits et devoirs
Un sondage de l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) paru en juin 2008 le révèle : les salariés français ont en moyenne déjà connu quatre employeurs différents et six salariés sur dix ont déjà changé de métier.
La mobilité professionnelle est en passe de devenir la règle, impliquant une évolution vers des secteurs ou métiers différents dans presque toutes les carrières, que ce soit par choix ou par obligation.
Mobilité et demandeurs d’emploi:
Le demandeur d’emploi souhaitant changer de secteur ou de métier pour faire évoluer sa carrière peut s’adresser directement au service national de l’emploi (ANPE et Assedic notamment) pour bénéficier d’un certain nombre d’aides et d’opportunités. Il pourra ainsi se voir proposer un bilan de compétences, ou une validation des acquis de l’expérience (VAE) qui lui permettra d’obtenir un diplôme ou un certificat de qualification professionnelle. Il pourra également entamer une création d’entreprise ou reprendre une entreprise et bénéficier d’aides financières, matérielles ou humaines... ou encore se lancer dans une formation.
La mobilité professionnelle peut également impliquer une mobilité géographique. Dans ce cas, il est possible de recevoir des aides.
L’ANPE peut par exemple prendre en charge le déplacement à un entretien d’embauche si celui-ci a lieu à 50 km ou plus du domicile... Les Assedic proposent également aux demandeurs d’emploi des aides qui compenseront entre autres les frais de séjour ou les frais de déménagement. On notera par ailleurs que les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires de certains minima sociaux qui déménagent à plus de 200 Km de chez eux pour exercer une activité salariée bénéficient, sous certaines conditions, d’un avantage fiscal sous forme d’un crédit d’impôt dont le montant varie de 1 500 à 2 000 euros.
Mobilité et salariés:
Les salariés peuvent eux aussi être amenés à faire preuve de mobilité. Cela peut être dans le cadre de la mobilité interne, qui désigne la possibilité pour un salarié d’évoluer professionnellement au sein de son entreprise, ou la mobilité externe, qui désigne la possibilité pour un salarié d’évoluer pour poursuivre sa carrière dans une autre entreprise ou secteur.
L’article 8 du projet de loi sur la modernisation du marché du travail encadre précisément les termes de la mobilité professionnelle, qu’elle soit interne ou externe. Il faut par exemple savoir qu’un salarié en activité qui souhaite progresser dans sa carrière peut faire appel au service public de l’emploi. Il pourra, comme un demandeur d’emploi, profiter d’une formation ou d’une VAE, faire un bilan de compétences, s’engager dans la création ou la reprise d’une entreprise, entamer un CIF... Tout cela en restant dans son entreprise.
Lorsque la mobilité est à l’initiative de l’entreprise et qu’elle s’accompagne d’une mobilité géographique, l’entreprise se doit d’accompagner son salarié dans la mobilité, notamment en organisant la visite du futur lieu de travail, en proposant une aide au déménagement, une aide à la recherche et à l’accès au logement, éventuellement une aide à la recherche d’établissement scolaire ou une aide à la recherche d’un emploi pour le conjoint.